MP3, compression dynamique et société...

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    Burnie
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    MP3, compression dynamique et société...

    Message  Burnie le Jeu 11 Sep 2008 - 11:09

    Un ami travaillant dans la (très) haute fidélité vient de me faire suivre ce texte :

    Tous ceux qui n'ont pas renoncé aux plaisirs de la fête ont déjà fait l'expérience suivante au moins une fois : dans un appartement peuplé d'une cinquantaine de personnes consommant des boissons fortes, plusieurs jeunes gens, DJ d'un soir, rivalisent aux "platines". Ce n'est certes pas nouveau. Mais un ou deux détails signalent qu'on a radicalement changé d'époque. D'abord, les ordinateurs portables, laptops, et autres clés USB ont remplacé les platines vinyles qui avaient pourtant connu une nouvelle jeunesse il y a quelques années. Ensuite, le volume est beaucoup plus fort. Et surtout personne ne danse : un comble. Pourquoi et comment en est-on arrivé là ? La réponse pourrait tenir en deux lettres et un chiffre : MP3.

    Le nouveau standard audio qui s'est imposé de fulgurante manière en quelques années a déjà suscité une abondance de commentaires. Si l'on en croit les majors du disque, il serait responsable à lui seul de la mort du CD, de plans sociaux plus saignants qu'une série B hollywoodienne –et pourquoi pas du réchauffement climatique, de la pollution des océans ou des déséquilibres géostratégiques, tant qu'on y est ?

    Car tous absolument tous les débats qu'a suscités cette nouvelle forme de partage de la musique ne se sont focalisés que sur les problèmes juridiques qu'elle soulève : droit d'auteur, propriété intellectuelle, piratage ou "téléchargement légal". Emblème d'une victoire de la raison économique, le MP3 était la technologie idéale pour oublier tous les autres problèmes esthétiques, techniques et sanitaires que cette nouveauté posait pourtant. Et qui continuent de se poser. Voici pourquoi et comment.

    CULTE DU "BEAU SON"

    L'homme qui parle dans ce café du 9e arrondissement de Paris n'est pas un passéiste crispé sur le bon vieux temps. Amateur éclairé de chansons françaises, animateur de la belle petite revue Je chante, Raoul Bellaïche ne peut réfréner une certaine nostalgie : "Je me souviens bien de cette période où la hi-fi coûtait assez cher mais où le grand public était prêt à des sacrifices financiers pour un bon équipement. Et puis tout a basculé en cinq ou six ans. Très peu de gens ont noté que l'arrivée du MP3 marque la première fois qu'un retour en arrière est présenté comme un progrès. Tout le monde s'est habitué, y compris moi, parce que c'est très pratique."

    Pratique : le mot est lâché. Evidemment, avant, c'était moins pratique : le culte de la hi-fi et du "beau son", partagé par un grand nombre d'auditeurs mélomanes ou pas, supposait l'acquisition d'un matériel souvent volumineux et les sacrifices financiers qui allaient avec. La diversité de l'offre comblait cette demande : dans toutes les gammes de prix, les fabricants proposaient des appareils dédiés, qu'on mariait les uns aux autres avec cette illusion naïve et belle de toucher à la meilleure reproduction sonore possible. L'audiophilie de papa, c'était ça : la sensation qu'en appariant tel tourne-disque à tel ampli et tel câble à telle paire d'enceintes, on devenait le metteur en scène d'un film domestique dont le titre avait été inventé par ECM, célèbre label de jazz européen : "Le plus beau son après le silence "…

    Ce temps-là semble révolu. L'auditeur d'autrefois, pour qui l'écoute était une activité noble à laquelle il sacrifiait du temps, a laissé la place à une "écoute nomade" de la musique. En permettant de stocker dans un espace physique réduit une quantité énorme de musique, le MP3 a inventé une chose toute nouvelle : l'accumulation furtive. C'est-à-dire la capacité à posséder toujours plus de musique mais à en profiter toujours moins, puisque désormais le temps de l'écoute se superpose à d'autres occupations.

    Le fantôme de la gratuité a parachevé le tableau d'une avancée technique que tout le monde ou presque s'accorde à trouver bonne. Ceux qui osent émettre la moindre critique à son égard sont promptement assurés de se voir flétrir de l'épithète "réactionnaire" sur l'air bien connu du "c'était mieux avant". Pourtant, il se pourrait que, dans le cas qui nous occupe, ce fût vraiment mieux avant. Et que ça pourrait être beaucoup mieux demain.

    PERTE DE QUALITÉ DRASTIQUE

    C'est quoi, au juste, le MP3 ? Juste un format d'encodage des données audio permettant de diviser par dix le poids d'un fichier informatique. Ainsi dématérialisée, la musique peut circuler plus vite d'ordinateur à — baladeur numérique. Mais au prix d'une mutilation indiscutable du signal d'origine et d'une perte de qualité drastique. C'est ce qu'explique Lionel — Risler, l'un des ingénieurs du son les plus respectés pour son travail d'orfèvre en matière de restauration d'anciens enregistrements : "Dans le cas du MP3, on choisit arbitrairement d'enlever du signal tout ce qui est prétendument superflu. Mais sur des critères très discutables. On réduit les informations pour gagner de la place de stockage. Au départ, le MP3 n'a été conçu que pour accélérer les flux des données sur Internet. Et puis on a ouvert la boîte de Pandore, puisque cette circulation s'est faite sans aucune règle."

    Cette compression des données, qui a aussi ses partisans, s'ajoute à un autre traitement du son, pratiqué depuis bien longtemps dans les musiques populaires : la compression dynamique. Schématiquement, la compression dynamique consiste à relever les niveaux faibles et à abaisser les niveaux forts, bref à gommer les contrastes qui donnent tout son relief à la musique. L'intérêt ? Réduire le volume d'informations, en vue d'un stockage ou d'une diffusion sur une bande passante limitée radio ou Internet par exemple, tout en induisant une sensation de puissance sonore, partiellement artificielle.

    "L'oreille n'est pas éduquée à recevoir des signaux compressés, explique David Argellies, un jeune acousticien qui par ailleurs apprécie le "gros son". Les radios de jeunes sont plus fatigantes à niveau équivalent, parce que l'oreille est habituée à percevoir de forts contrastes dynamiques. Et la compression a tendance à la flouer. C'est comme une illusion d'optique. A l'écoute d'une musique compressée, déjà perçue comme plus forte , on aura tendance à augmenter le volume pour retrouver du contraste."

    En outre, le volume moyen d'un son dynamiquement compressé peut être réellement plus élevé. Car pour réduire l'écart des variations d'une musique, il faut choisir un volume de référence; et si c'est le volume maximal du morceau qui est choisi, les niveaux faibles sont considérablement augmentés pour atteindre la diminution d'amplitude souhaitée. "Prenez la publicité à la télévision, note David Argellies. On la perçoit comme plus forte , car elle est plus compressée donc plus agressive."


    Lorsqu'on parle d'agression, on aborde un terrain évidemment sujet à toutes les polémiques, mais qui ne peut pas se réduire à un combat d'anciens contre modernes ou à une croisade contre la musique de jeunes. Car depuis quelque temps, nombreux sont les scientifiques, parfois jeunes, qui tirent la sonnette d'alarme sur les conséquences sanitaires déplorables que ces nouveaux modes d'écoute auront inévitablement sur les nouvelles générations.

    Bernard Janssen, chirurgien ORL et chanteur lyrique de haut niveau – il a fait carrière sous le nom de Bernard Sinclair – est sans doute l'un des mieux placés pour analyser le phénomène : "Les gens qui écoutent de la musique dans le métro sont obligés de pousser le volume pour couvrir le bruit ambiant. C'est terrible, car ils peuvent s'envoyer jusqu'à 140 décibels dans les oreilles, alors que le seuil de douleur se situe à 120. Jusqu'à 70, ça va encore. Certains chanteurs lyriques peuvent développer 130 décibels sans souci pour leur oreille, parce qu'ils projettent le son et qu'il y a des défenses physiologiques. Mais il suffit d'une seule exposition à ce volume pour subir un traumatisme qui débouchera sur une surdité. C'est le traumatisme aigu. Il existe un traumatisme chronique, repérable chez les ouvriers de chantier mais aussi chez les gens qui écoutent trop fort leurs baladeurs. C'est beaucoup plus insidieux car plus on perd l'audition, plus on monte le volume."

    C'est désormais un fait acquis : la compression dynamique, appliquée à l'écrasante majorité des musiques actuelles, ne fait qu'aggraver les nuisances déjà bien connues d'un volume sonore excessif. Et cela vaut aussi pour les musiques apparemment les plus "douces". C'est ainsi que deux chercheurs amateurs de rock, Yann Coppier et Thierry Garacino, se sont livrés à de savantes mesures sur l'évolution de la compression dynamique en trente ans. Le résultat est édifiant : le morceau Rock and Roll de Led Zeppelin, perçu au début des années 1970 comme l'une des choses les plus violentes jamais enregistrées, n'est que faiblement compressé en comparaison de… Quelqu'un m'a dit, premier tube de Carla Bruni.

    C'est toute la perversité des traitements modernes du son : la ballade un peu douceâtre de la désormais première dame de France se révèle, dans la froide objectivité des mesures scientifiques, bien plus dommageable pour l'appareil auditif que l'hymne hard rock de Led Zeppelin. Avec la compression, "on transforme la chaîne des Alpes en volcans d'Auvergne", résume assez joliment Yves Cochet, concepteur historique de systèmes haute-fidélité de pointe.

    RÉAPPRENDRE À ÉCOUTER

    Mais la disparition des contrastes n'est pas seulement une violence esthétique faite à la vérité musicale, c'est aussi un véritable risque sanitaire dont les scientifiques commencent à prendre la mesure. Des études récentes ont montré qu'un appareil auditif désaccoutumé aux contrastes dynamiques ne pouvait que perdre de son acuité, et ce même à bas volume. Le spectre d'une pandémie de surdité précoce est-il à redouter ?

    "Je vois arriver des jeunes de 18 ou 20 ans qui développent déjà de belles surdités, résume avec fatalisme Bernard Janssen. Je suis très alarmiste et je le dis clairement : il faudra légiférer. Je ne suis pourtant pas très optimiste : dans une époque si soucieuse de liberté individuelle, chacun est évidemment libre de devenir sourd".

    Réapprendre à écouter, sensibiliser à la qualité du son plutôt qu'à la quantité seront sans doute les seules solutions pour éviter une crise sanitaire majeure. A moins que, d'ici peu, ne s'inventent de nouvelles technologies plus respectueuses de la santé publique que la — compression dynamique et le MP3. Qui demeure, de l'avis général des spécialistes, le pire standard de toute l'histoire de la musique enregistrée.

    Gilles Tordjman


    Réactions pas obligatoires mais bienvenues...

    wavosaurus rex
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    Re: MP3, compression dynamique et société...

    Message  wavosaurus rex le Jeu 11 Sep 2008 - 12:24

    Salut à tous, bravo Patrice & Burnie pour ce forum intéressant et convivial

    Pour réagir à ce texte je dirais que je suis pas loin de partager le point de vue de l'auteur, et qu'on peut compléter tout ça avec des articles sur la fameuse loudness race (ou loudness war aussi, je vous laisse chercher sur le net pour les + anglophiles d'entre vous) qui est évoquée brièvement dans ce texte.

    Le plus inquiétant c'est qu'après avoir écouté un track masterisé 2008, si on réécoute le même track masterisé 1994 ou en vinyl on a l'impression que c'est tout raplapla. Bref ça va être dur de revenir en arrière.

    nyl auster
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    Re: MP3, compression dynamique et société...

    Message  nyl auster le Jeu 11 Sep 2008 - 12:32

    Cette compression des données, qui a aussi ses partisans, s'ajoute à un autre traitement du son, pratiqué depuis bien longtemps dans les musiques populaires : la compression dynamique. Schématiquement, la compression dynamique consiste à relever les niveaux faibles et à abaisser les niveaux forts, bref à gommer les contrastes qui donnent tout son relief à la musique. L'intérêt ? Réduire le volume d'informations, en vue d'un stockage ou d'une diffusion sur une bande passante limitée radio ou Internet par exemple, tout en induisant une sensation de puissance sonore, partiellement artificielle.


    Je suis pas très calé mais je comprends pas très bien pourquoi le compression dynamique change quelque chose au niveau du poids?

    Pour la compression dynamique et ses conséquences c'est un truc sur lequel tout le monde est d'accord je pense.

    Pour le mp3, j'ai déjà dit sur ce forum qu'à 192khz je n'entends pas la différence sur les tests que je faisais. Le mieux pour lancer ce débat serait de mettre ici un morceau correctement encodé en 192 et un wave puis de faire le blindtest. Je sais que certains entendent la différence mais sur mon équipement médiocre c'est pas audible par mes petites oreilles...

    Pour les encodages inférieurs ou en mono, c'est différent, mais ce n'est pas un probleme de mp3 mais plutôt l'utilisation qui en est faite non?

    . Mais un ou deux détails signalent qu'on a radicalement changé d'époque. D'abord, les ordinateurs portables, laptops, et autres clés USB ont remplacé les platines vinyles qui avaient pourtant connu une nouvelle jeunesse il y a quelques années. Ensuite, le volume est beaucoup plus fort. Et surtout personne ne danse : un comble. Pourquoi et comment en est-on arrivé là ? La réponse pourrait tenir en deux lettres et un chiffre : MP3.


    si personne ne danse c'est à cause du mp3 ? que le volume soit plus fort aussi? What the fuck ?!?

    Je trouve que l'article est intéressant mais mélange pas mal de choses; notamment le fait de traiter le probleme de la compression mp3 et de la compression dynamique qui sont deux choses completement différentes je pense.

    patrice
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    Re: MP3, compression dynamique et société...

    Message  patrice le Jeu 11 Sep 2008 - 13:05

    wavosaurus rex a écrit:Salut à tous, bravo Patrice & Burnie pour ce forum intéressant et convivial

    Merci Wavosaurus rex, merci de t'y être inscrit... est ce que ton pseudo est lié plus ou moins directement à l'excellentissime Wavosaur ?

    Invité
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    Re: MP3, compression dynamique et société...

    Message  Invité le Jeu 11 Sep 2008 - 13:27

    Les versions remasterisées sur CD sont aussi très loin des originaux comme le remarque wavosaurus rex.
    La musique moderne, s'accommode bien de la compression (dynamique) à outrance, toutes les fréquences sont au même niveau du début à la fin du morceau. Franchement pour de la tek la question ne se pose pas, le son n'a pas besoin de respirer, et l'auditeur non plus. Pour du classique, c'est plus génant...

    Après Nyl a raison, pour comparer MP3 et WAV un blind test serait le bienvenu, mais alors sur différents types de musiques : classique, jazz, blues, électro etc.

    On va pouvoir se rendre compte si nos oreilles valent quelque chose...ou bien si les nuances sont à la limite du décelable.

    PS : Il me semble que j'ai lu cet article dans Libé, non ?

    wavosaurus rex
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    Re: MP3, compression dynamique et société...

    Message  wavosaurus rex le Jeu 11 Sep 2008 - 13:52

    patrice a écrit:Merci Wavosaurus rex, merci de t'y être inscrit... est ce que ton pseudo est lié plus ou moins directement à l'excellentissime Wavosaur ?


    ouais, excellentissime, c'est bien vrai.
    Je suis le ouebmaster du site Wavosaur et co-auteur du logiciel on dira (je ne code pas, et ça vaut mieux pour les utilisateurs!)

    En parlant de mp3 et de dynamique, n'hésitez pas à ouvrir des mp3 dans Wavosaur et faire immediatement un normalize à 0 dB, de préférence sur des mp3 qui envoient la quiche niveau puissance RMS.

    Invité
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    Re: MP3, compression dynamique et société...

    Message  Invité le Jeu 11 Sep 2008 - 13:59

    Je suis le ouebmaster du site Wavosaur et co-auteur du logiciel on dira (je ne code pas, et ça vaut mieux pour les utilisateurs!)
    Shocked

    Alors ça...chapeau bas pour votre travail, votre soft n'a rien a envier aux plus grands !

    patrice
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    Re: MP3, compression dynamique et société...

    Message  patrice le Jeu 11 Sep 2008 - 14:01

    Je suis le ouebmaster du site Wavosaur et co-auteur du logiciel on dira (je ne code pas, et ça vaut mieux pour les utilisateurs!)

    Super ! Doublement enchanté alors de t'accueillir dans ce forum. Tu dois avoir des tas de choses intéressantes à nous faire partager.

    Burnie
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    Re: MP3, compression dynamique et société...

    Message  Burnie le Jeu 11 Sep 2008 - 14:12

    Après Nyl a raison, pour comparer MP3 et WAV un blind test serait le bienvenu, mais alors sur différents types de musiques : classique, jazz, blues, électro
    Fait et refait en ce qui me concerne, et il n'y a pas photo ! Et repiquer des bandes faites avec mon Revox en 16/44, ou en 24/96 est aussi bien différent... Mais faut avoir du matériel correct, ce qui est mon cas. Pour moi, le mp3 est écoutable, mais comparé à un disque vinyle bien fait, c'est le jour et la nuit... Le mp3 est simplement plus facile à écouter, car il va de paire avec un compression dynamique qui prémâche le travail de l'oreille, ou plutôt du cerveau... N'oubliez pas que des chefs d'œuvre sonores comme "Dark Side of the Moon" et "Wish You Were Here" de Pink Floyd ont été faits sans compression, à ce qu'on dit...

    Par contre, entre le 96 et le 192, je n'ai rien pour faire le test, mais je suppose que ça doit être déjà beaucoup plus difficile à différencier... En revanche, entre du 192 et du mp3, ça doit être très net...

    Pour ce qui est de l'origine de l'article, je n'en sais rien, ne lisant plus aucune presse...

    Pour la mise en relation de la compression dynamique et du mp3, je m'interroge aussi... Mais l'article parle aussi de la bande FM à la radio et de la facilité à faire passer un flux sonore compressé sur les ondes, qui apparemment est une vérité technique et a causé beaucoup de problèmes aux radios nationales dont le message était bouffé par les radios de merde... Et si France Mu et France Cu ont à peu près gardé un niveau normal et de qualité, en revanche, pour résoudre ce problème, France Inter a, il y quelques années, changé son type d'émission du son en ajoutant une compression raisonnable mais qui fait qu'aucun concert diffusé sur ses ondes ne sonne vraiment bien. Enregistrer une black session de Lenoir aujourd'hui est toujours frustrant sur le plan sonore, et je me souviens d'une époque où les concerts enregistrés à France Mu sonnaient mieux que des disques...
    D'un point de vue technique, je hasarde une idée sans doute idiote : est-ce qu'un message riche en écarts dynamiques suppose de bouffer moins d'information à la compression pour pouvoir ne pas trop le détruire, alors qu'un message compressé dynamiquement, donnant un volume constant, suppose de pouvoir le compresser davantage en mp3, avec moins de perte audible ? Un peu comme en photo : quand la photo est très riche en couleurs, elle pèse plus lourd qu'une photo où il y a du "vide", des zones avec très peu de formes et de couleurs (chose constatée de multiples fois, si je me souviens bien)... C'est peut-être une raison de cet ordre qui donne sens à ce rapprochement entre mp3 et compression dynamique... Pour que le mp3 sonne correctement, il faut au préalable que le message audio soit lui-même unifié, pour que la compression très destructrice du format mp3 s'entende moins...

    Sinon, je suis globalement d'accord avec cet article, ayant longtemps fait partie de ces audiophiles à la quête du beau son, et bien que mon oreille ait bien vieilli, elle entend encore bien les différences... Par contre, quand il dit que c'est la première fois qu'on a un recul de ce genre, c'est faux, car si on regarde le temps qu'il a fallu au Cd pour sonner correctement, et si on le compare encore au vinyle de bonne qualité sur des systèmes hors de prix, il reste un recul en musicalité, au nom d'avantages pratiques... Et les exemples de ce genre, directement dûs au "Marché" ultralibéral de masse qui a explosé depuis le début des années 80, il y en a un paquet, ne serait-ce qu'en matière de bouffe, où les gens ingurgitent des saloperies qu'on ne produisait même pas avant...


    Enfin, pendant que j'écris ces lignes, je vois la réponse de Wavosaurus, et j'en suis autant honoré que les autres IViens. Bienvenue à toi sur ce forum sans prétention mais vachement bien quand même...

    Chapeau à cette équipe qui fait très vite progresser cet éditeur audio dont la dernière mouture a gommé énormément de défauts...

    Je ne l'ai pas encore fait, mais je compte vous donner mon obole, même si, normalement, je n'ai pas besoin de Wavosaur, étant fidèle à Sound Forge depuis plus de 6 ans... Encore chapeau, c'est du très beau boulot et à mon avis le meilleur éditeur audio encore gratuit ! Je conseille d'ailleurs à tous les utilisateurs d'Audacity de "switcher", comme aime à le dire Méka...

    ehgdae
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    Re: MP3, compression dynamique et société...

    Message  ehgdae le Jeu 11 Sep 2008 - 14:42

    Hello, cet article est paru dans Le Monde et est signé par Gilles Tordjman,

    ici, sur un forum plutôt pointu, il en est question :
    http://www.sounddesigners.org/index.php?name=PNphpBB2&file=viewtopic&t=5408&highlight=

    Cet article a un fond intéressant à priori mais il est terriblement mal documenté et fait un méchant amalgame entre compression de dynamique et compression de données, ce qui n'a strictement rien à voir sauf le terme de "compression".

    C'est assez pénible de voir que la vulgarisation doive passer par de telles approximations qui en conséquence ne vont qu'ajouter à la confusion.

    Compression de données :

    - sur un bon équipement en hifi, la différence existe bel et bien, pas en terme de justesse de timbre ou de placement dans l'espace, mais sur des subtilités du genre "transparence, "aération",... ce qui se traduit simplement par "vie" d'une façon générale. Mais on ne peut convaincre personne et c'est pas grave.

    - les encodages sont pourtant excellents de nos jours mais on se prend la tête pour rien : un très léger réglage à la prise de son fait bien plus de différence

    Compression de dynamique, il faut distinguer:

    - la compression "créative" qu'on va appliquer à un son particulier pour le triturer de façon à obtenir un résultat éloigné de la réalité, ce qui est parfaitement respectable

    - la compression appliquée en fin de chaîne rien que pour sonner plus fort que son voisin, ça c'est catastrophique.

    Le problème est que par ignorance, on oublie l'essentiel : un bon mix, bien conçu, ne nécessite pratiquement pas d'effet supplémentaire, égaliseur ou compresseur. Résultat : on bâcle son mix parce qu'on n'a qu'une chose en tête : compresser. Combien de fois on voit ça sur les forums !

    En fait, le studios de mastering font de superbes affaires grâce à ça. Demandez-leur : plus le mix est bon, moins ils auront à intervenir.

    @+

      La date/heure actuelle est Mer 16 Mai 2012 - 21:49